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Le Sky Hall est un joyau de l'architecture d'après-guerre : en 1958, le hall de départ et l'espace de visite faisaient la fierté de la nation lors de l'Exposition Universelle de Bruxelles.
Le bâtiment a vu le jour des oeuvres du trio d'architectes Brunfaut-Bontinck-Moutschen, selon une bonne habitude belge un Bruxellois, un Flamand et un Wallon. Cet espace devait permettre aux voyageurs de se détendre et de s'habituer à l'espace aérien. Lors de son expédition dans l'ensemble du complexe, le visiteur accède à des espaces toujours plus éclairés. Avec comme pièce maîtresse le vaste hall de départ doté de hautes fenêtres offrant une vue imprenable sur le tarmac. Lorsque les travaux de construction du nouveau terminal ont débuté en 1989, l'existence de l'ancien terminal a été menacée. Suite à la croissance exponentielle de l'aéroport, l'ancien terminal était devenu trop exigu.
Le Sky Hall – une tranche d'histoire nationale
Les premiers projets de construction de notre aéroport national ont été élaborés en 1946. Il a toutefois fallu attendre 1954 avant de connaître un revirement dans le dossier. Ce revirement a surtout été opéré par Edward Anseele jr., qui occupait en 1954 le poste de Ministre des Transports dans le gouvernement rouge et bleu Van Acker IV.
En 1958, Bruxelles a accueilli la première Exposition Universelle d'après-guerre. Les organisateurs attendaient au minimum deux millions de visiteurs américains uniquement. Parmi ces visiteurs, 850 000 allaient arriver via Zaventem. Avec des pics de passagers jusqu'à 200 000 par mois : les anciennes installations à Melbroek ne pouvaient pas accueillir autant de monde. Sans oublier les premiers avions à réaction qui allaient être lancés par des constructeurs américains.
Sabena a été l'une des premières compagnies aériennes à commander 5 appareils Boeing 707 Intercontinental au début de l'année 1956. Ces appareils offraient une capacité moyenne de 150 passagers.
Les pistes d'atterrissage et le système de gestion du trafic aérien existants n'étaient pas prévus à cet effet. 1959 a été présupposée comme date de livraison. Le nouvel aéroport devait impérativement être opérationnel à cette date. L'objectif prévu a donc été l'Exposition Universelle de 1958.
Projet progressif
Après toutes les péripéties politiques, l'impasse a été résolue avec la mise sur pied d'une commission de construction. Cette dernière a proposé de confier la réalisation de l'aéroport à des architectes externes. En conformité totale avec le modèle belge, le projet a été attribué au trio d'architectes Maxime Brunfaut, Géo Bontinck et Joseph Moutschen.
Toutefois, une série de questions devaient d'abord trouver une réponse pour le concept du nouvel aéroport. La première de ces questions concernait l'évolution de l'aéroport : ce dernier allait-il rester réservé à une élite ? Ou les architectes devaient-ils anticiper une démocratisation du trafic aérien ? L'avion allait-il devenir un moyen de transport de masse ? Pour le terminal de l'aéroport, le choix devait-il se porter sur un ensemble élitiste de salons exclusivement réservés à la clientèle de luxe d'autrefois ou sur un aéroport caractérisé par la clarté d'une gare, à la fois commercial et efficace ?
D'autres questions concernaient la capacité : quelle taille l'aéroport devait-il avoir pour pouvoir faire face aux développements attendus lors des décennies suivantes ? La réponse témoignait d'une vision maximaliste. Pour un pays comme la Belgique doté d'un seul aéroport international, la capacité ne pouvait jamais dépasser celle autorisée par l'espace aérien national.
En plus des vols, la perte de temps au sol devait être réduite au maximum à la fois pour les appareils et pour les passagers.
Une fête de lumière et d'espace
Le domaine de l'aéroport national disposait dans l'intervalle d'une superficie de 1025 ha répartis sur les communes de Melsbroek, Steenokkerzeel, Nossegem, Zaventem, Diegem et Machelen.
Le nouveau terminal a été construit sur le territoire de Zaventem : cette commune a tout de suite donné son nom à l'aéroport. Les travaux ont débuté en mars de l'année 1956. Les travaux de fondation ont été terminés en mai 1957. Le 31 mai, le Ministre des Transports Anseele a pu inaugurer les nouvelles installations. Le 15 juin à précisément minuit et une minute, tous les services techniques ont été transférés depuis Melsbroek. L'aéroport de Zaventem a ouvert ses portes au grand public le 29 juin.
Dans ce court laps de temps, 30 000 m³ de béton, 4000 tonnes d'acier, 22 600 m² de vitrages, 70 km de tuyaux de chauffage, 500 km de câbles électriques et 1 500 000 points lumineux (pour 90% de confection belge) ont été utilisés pour un volume total de 58 500 m³ sur une superficie totale de 4500 m².
La fonctionnalité a servi de fil conducteur pour l'aménagement du bâtiment. Dans le terminal, le passager devait suivre un parcours soigneusement jalonné conformément à la logique et à la discipline inhérentes à la procédure d'embarquement. La structure logique et la signalisation claire de Bruxelles National ont revêtu une fonction d'exemple au niveau international. Sans oublier les écrans de télévision avec les horaires des vols qui, bien que primitifs, étaient une première européenne.
Un environnement apaisant
En outre, l'ensemble du cadre architectural a été développé pour encadrer psychologiquement et émotionnellement les passagers en proie à une peur de l'avion. La tension, la sensation et les craintes inconscientes ont été résolues par le biais d'un environnement apaisant dans une palette de couleurs généreuse avec des sièges pratiques et confortables.
Un besoin de lumière et d'espace se manifestait également, l'association ultime avec l'espace aérien. De l'intimité relative des quais de gare via les escalators obligatoires vers la transparence totale du hall de départ, comme fenêtre sur le ciel avec son ballet incessant d'avions qui décollent et atterrissent. Des piliers de soutien en aluminium lie-de-vin, un plafond rose doté de 360 points lumineux, un revêtement mural en bois de Wengé brun foncé et un sol en quartzite jaune déterminaient l'aspect général du hall de transit.
En dépit de toutes les attentes futures, l'aéroport de Zaventem a fait l'objet de nombreuses extensions, comme la plupart des bâtiments de sa génération. Ces extensions ont considérablement agrandi le volume initial.
La capacité a été étendue pour la première fois en 1972-1973. La construction d'un hall de départ et d'arrivée plus vaste fut la phase suivante. En outre, le complexe a subi les adaptations et modernisations périodiques habituelles. Cet aspect s'est accompagné d'une commercialisation accrue des espaces publics. La majeure partie de la décoration initiale a été perdue ou extraite du regard.
Lors de la construction du nouveau terminal (1989-1994), l'ensemble du bloc nord et l'un des deux fingers ont disparu. Le nouveau complexe devait pouvoir accueillir 20 à 25 millions de passagers par an.
Cet aspect a immédiatement hypothéqué l'existence de l'ancien terminal d'une rare beauté, 40 ans plus tôt encore la fierté de la nation. Depuis 1995, l'ancien hall de départ n'a plus de fonction clairement définie.
Avec l'ouverture de la nouvelle passerelle A en 2000, l'ancienne passerelle C a été fermée. C'est alors que Sky Hall Brussels Airport a bénéficié de sa nouvelle affectation comme lieu pour l'organisation d'événements. |